Tous feux tous clowns

chabotte tripouille fait son cirque

Spectacle de 50mn. 

Public : Conseillé aux personnes de plus de 7 ans


Cette clown s'empare des colères de sa comédienne.

Elle met son inventivité, sa faconde et son énergie en mouvement pour faire son cirque.

Les personnages qu'elle invente font leur numéro, exploit et excentricité, jusqu'à l'absurde, jusqu'à la folie, devant nous.  Par là elle met à découvert son cirque intime mais aussi le cirque du monde.

le noeud

Chabotte Tripouille arrive, tirée par une valise. Chabotte raconte et joue l'histoire de cette petite valise, toute noire, toute rouillée.

Elle évoque son père, grosse malle de voyage, sa mère, valise de 1ere classe, son arrivée dans la boutique, sa déchéance et son sauvetage.

La valise s'ouvre et Chabotte peut faire son cirque. C'est le cirque de Chabotte Tripouille. La directrice de cirque qu'elle devient, fait apparaître tour à tour la funambule, le prestidigitateur, le filet, la trapéziste, le fakir, la contorsionniste et le lanceur de couteaux. Elle se veut héros du cirque.

Avec chacun elle tisse un lien particulier. Elle s'aime dans ces personnages d'artistes de cirque, mais elle aime aussi jouer la force, l'autorité, la férocité de la directrice.. Elle incarne tous ces personnages jusqu'à la déraison. 

La transformation du cirque s'accélère. Chabotte est emportée par ses personnages. elle ne sait plus ce qu'elle veut pour son cirque. La valise est sa conscience.  Chabotte est tiraillée entre la tendresse, l'expérience, les souvenirs de la valise, et la directrice qui veut faire vivre son cirque à tous prix. Entre passé et modernité, entre solidarité et individualisme, entre plaisir et survie, Chabotte pose un regard à la fois passionné, cruel, tendre  sur notre monde en mutation.

"Chabotte Tripouille : un clown qui interpelle joliment"

Article de JJMU dans Médiapart le 6 févrrier 2013

Elle a un bel habit de dentelle blanche passé d’une tunique pourpre luisante comme le velours – ou peut-être la soie, ou encore le satin ?... Modeste en tout cas, et d’un goût impeccablement soigné, imparable, pour le détail et les accords, les rappels, pour la mise en relation des contraires et des raccords, des justaucorps, des jusqu’au corps. Jusqu’au nez rouge, à nul autre pareil. Elle est cousue du fil doré qui tire davantage vers le théâtre – plus que vers le cirque – un théâtre qui ne se dit pas, mais qui agit, où l’action pose des désirs et des volontés, des élans et des brisures, des déchirures. Elle est genrée, par le vêtement et par la voix, une voix aux modulations variées capables de registres inattendus, qui interpelle comme aucun homme bien éduqué de nos sociétés dites développées ne le ferait, avec tendresse et un vrai souci de l’autre, car la culture où nous sommes ne permet pas aux messieurs que nous sommes, si imbus de l’importance de nos actions sur le monde, de s’inquiéter de ce qui est jugé accessoire ou sans grande importance. Elle : oui !...

Chabote Tripouille a le charme d’une naïveté lucide. Elle sait l’existence du filet, au cirque, qui se la joue paterne avec les acrobates au point d’empêcher l’artiste de se relever quand il – quand elle – tombe. Chabote se détourne de ce type de protection, elle, mais aussi elle sait qu’autour d’elle chacun, chacune s’en est fait une raison et vit avec. C’est une solitude à apprendre au milieu de personnages multiples et complexes, pathétiques et charmants, dérisoires et tragiques... Et si ce n’est une solitude, ce sera donc la quête d’un courage pareil au sien. D’une rencontre à faire, d’un chemin à fréquenter ensemble, même sur place... À rêver peut-être ?... Pas toujours, il y a de l’énergie, des sauts, des soubresauts d’histoires qui se télescopent et se travaillent au corps à corps, à grand galop, parfois, avec frénésie, souvent... Rien de fou dans un projet en tous sens comme celui-là, car les mots sont ceux ... du bon sens, justement !... Précisément : du bon sens. Du bon son. Des mots justes. Concis et précis. Elle prend son souffle, respire, soupire, s’essouffle, ne trouve le calme qu'en transformant les objets en éléments de chapiteaux, morceaux de vies, à grand’peine, à la schlague, parfois, à grands coups de serpe, avec la faux, la grande faux, pour finir...

Mais d’abord, on l’aura vue qui s’adresse aussi – d’abord – aux enfants. Aux enfants en nous, d’abord. Elle demande tout, en fait, tout !... depuis le début, elle demande comment ça va ? si l’on est bien installé ? si l’on n’a besoin de rien – ni de personne !... Elle demande qu’on prenne soin de cette valise qu’elle placera entre les mains (sur les genoux) d’un spectateur serviable, une valise dont l’histoire ballotte entre grandes et petites rencontres de ce voyage de la vie, sur des mers calmes ou tempêtueuses, sous des ciels sereins ou tourmentés d’orages... Une valise qui ne s’ouvrira que pour ouvrir sur des secrets intimes à partager entre soi, entre gosses. Curieux et inquiets à la fois, émerveillés d’un rien, impressionnés par tout. Rendant le tout possible. Même le pire qu’on veut pourtant éviter et qui entraîne vers des coulisses inconnues de tous. La poésie pour supporter l’insupportable ?...

Chabote Tripouille est une vie de femme à côté de laquelle les hommes, trop aveugles et pressés, sont passés sans y croire, sans partager la valise.

Jean-Jacques M’µ

Texte d'Aline après la 1ère représentation,

le 10 avril 2011

Merci pour ce beau moment de clown que vous avez monté conjointement.
Quel travail!

J'ai été impressionnée par le corporel, la précision des gestes, l'enchaînement parfait des différents personnages. Visuellement, les images sont efficaces, les couleurs très belles.
J'ai aimé les personnages: surtout la directrice de cirque, la funambule, le fakir (et surtout sa démarche mécanique quand il se met en place).
Au niveau de la construction, comme je vous l'ai dit, le public manque de points de repère au début. Ce peut être un choix, mais c'est à savoir: vous risquez de perdre l'attention de personnes pas trop convaincues à priori, par ce type de prestation.
Ensuite, mais mes remarques sont peut-être liées à mon état perso (fatigue, fin de journée, j'étais debout, après avoir joué et pris le soleil tout neuf du printemps!!!), j'ai eu un peu de fatigue en deuxième partie, cela me semblait moins convaincant. Peut-être cette évolution de la directrice du cirque...
CE QUE J'ADORE: Je trouve terriblement réjouissant le rapport entre la directrice et la funambule. Le côté "mais on ne vous demande pas de penser!" et la funambule qui, vu sa hauteur peut-être, continue de penser, de parler, de réfléchir... La directrice débordée, dépassée par les événements. C'est frustrant que cela ne continue pas. Dommage peut-être que ce n'en soit pas resté là: tous les intervenants, qui, parce qu'ils agissent, donnent une vision du monde et la directrice qui ne peut les contenir... Mais, là, vu que le directrice devient méchante, cruelle, mauvaise, qu'elle agit beaucoup, on entend moins la parole des autres.
Surtout que ce spectacle soit joué, joué, joué!! Il le mérite et il mérite de prendre de l'âge, de se peaufiner au fur et à mesure des représentations!!

Bravo
Aline

Ça joue et ça tourne depuis 2010...

le 10 avril 2010 : création, à la maison de l'enfance à Pantin (93)

​le 30 décembre 2011 : à domicile, à Paris 19ème

2012

le 4 janvier : réalisation d'une vidéo du spectacle...

tissu rouge

le 4 février : Salle Polyvalente, à Chambery (73)

le 25 février : à domicile, à Fareins près de Villefrance sur Saone (69)

le 16 mars : à L'Ecume du jour, bistrot d'échanges et de savoirs, à Beauvais (60)

Le 6 avril : chez BARAK, restaurant, 29 rue Sambre et Meuse à Paris, 10eme

le 9 mai : pour les 30 ans du Diabolo théâtre à Orléans (28)

le 18 août : à l'auberge l'Eau blanche, à Villard Reymond dans la vallée de l'Oisans (38)

le 16 novembre : à Nantes (44)

2013

le 6 février : au restaurant, le Lieu-dit à Paris 20ème

le 25 juin : à la parole Errante, à Montreuil (93)

Captation du film.. à disposition sur demande

ET depuis  plus de 15 représentations dans divers endroits!